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Susam-Sokak

Turquie - Les racines du présent - Le blog d'Etienne Copeaux


Esquisses... (11) - Représentations du corps féminin - Les femmes en noir

Publié par Etienne Copeaux sur 2 Avril 2011, 11:45am

Catégories : #La Turquie des années 1990

 

La femme en noir et son ombre blanche 

A propos de la fête de  Newroz-Nevruz, j’évoquais la manière dont les femmes se revêtent de costumes traditionnels aux couleurs du drapeau kurde (vert, rouge et jaune)  ; ces femmes sont des drapeaux. Le port d’un tel vêtement, lorsqu’il est le fait d’un groupe, transforme la fête en manifestation revendicative. Le signe adressé au public est fortement perçu puisque la couverture médiatique en est transformée  ; les photoreporters sont à l’affût de ce genre de message visuel. Il s’agit en fait d’un système de communication, dans lequel un signe émis  doit être reconnu en tant que tel par le destinateur, puis traité en tant que tel par le medium (photographe, comité de rédaction, metteur en page ou monteur), enfin reconnu comme tel par le destinataire (lecteur du journal ou téléspectateur). Une telle sémiologie fonctionne donc, comme tout processus de communication, sur la capacité de reconnaissance du signe, la capacité d’interpréter l’intention du destinateur qui émet le signe, et l’existence d’un savoir partagé (la capacité du lecteur/spectateur d’interpréter le signe, sa mise en scène par le destinateur puis par le medium).

Le costume kurde n’est qu’un cas parmi d’autre. Le type de la femme islamiste voilée de noir en est un autre exemple, qui fonctionne parfaitement en tant que signe. Il s'agit d'une tenue « islamiste » féminine, qui couvre entièrement le corps et une partie du visage de drap noir (kara çarsaf). C’est un choix vestimentaire qui n’est pas sans rappeler une mode urbaine turque des années vingt : la femme de Mustafa Kemal, Latife, apparaît ainsi vêtue, aux côtés du futur Atatürk, sur la plupart des photographies (ce que les « islamistes » ne manquent pas de rappeler quand la contrainte sur le vêtement se fait plus forte): elle est recouverte d'une chasuble noire, et des châles enserrent le haut de sa tête jusqu’au ras du front, masquent ses joues et son cou jusqu’au menton, et ne laissent apparaître de son visage qu’un triangle 1. A l’époque qui m’intéresse, la tenue noire n’apparaissait fréquemment que dans certains quartiers d’Istanbul (Fatih par exemple) ou des grandes villes et, ailleurs, en certaines circonstances (groupes de femmes aux abords des mosquées, des manifestations culturelles ou politiques islamistes comme la foire aux livres d’Üsküdar ou les grandes manifestations de 1996-1998). Le port du kara çarsaf se remarquait d’autant plus qu’il était pratiqué en groupe. Quelles que fussent les motivations des femmes qui portaient cette tenue, et qu’elles aient ou non été contraintes de le faire, le drap noir avait un effet sémiologique ; même s’il ne manifestait pas une intention de la part des femmes drapées, il était perçu comme tel, soit dans les villes ou les quartiers à majorité « islamiste » (comme signe de conformité à un ordre), soit au contraire dans les villes ou quartiers « laïques », « kémalistes », où il avait une couleur de provocation. Et ce dernier type de perception faisait de ces femmes une autre cible des reporters photographes; la femme en noir marque un territoire, soit qu’elle pousse comme une plante sur le terreau d’un quartier « islamiste », soit que, dans un contexte non islamiste, elle vienne rappeler l’existence de ce courant, sa capacité de conquérir, dans des quartiers qui ne lui sont pas acquis : signe de conquête accomplie, ou signe de menace.

Par ailleurs, aux yeux des courants « laïcistes » et particulièrement en Turquie, la femme en noir représente, plus que tout autre signe, le passé, la réaction, le retour en arrière que serait l’islam politique dans le contexte de la téléologie qui prévaut. La présence de la femme en noir dans des quartiers « modernes », « occidentaux » comme Beyoglu représenterait un paradoxe. De même, la présence de femmes en noir à proximité du symbole même de la modernité, à savoir Atatürk et ses représentations, est interprétée plus que comme un paradoxe, comme une provocation, plus encore comme un sacrilège (voir la femme en noir passant devant un buste d’Atatürk dans l’article « Les chars à Sincan »).

Il en résulte, dans la pratique du photojournalisme, que la femme en noir est privilégiée sur les clichés de certains événements. Pour rendre compte d’une manifestation islamiste dans un journal « laïciste », par exemple, il est bon de disposer d’un cliché cadrant une de ces femmes ou, si possible, un groupe d'entre elles  ; ce sera la preuve du caractère subversif de la manifestation, de la volonté des manifestants de transformer ou renverser l’ordre vestimentaire établi, qui n’est que la métonymie de l’ordre kémaliste. Bref, la femme en noir, sur une photographie de presse, sert soit à faire peur, soit à ridiculiser, deux formes de combat politique visant au même but.

En voici quelques exemples, et commençons par un épisode savoureux.

L’âge de pierre

En décembre 1996, le président iranien Rafsandjani est en visite officielle en Turquie. La politique extérieure du Refahyol est un des principaux griefs de l’opposition kémaliste : Necmetin Erbakan multiplie les signaux envers les pays qui paraissent douteux aux courants laïcistes, comme l’Iran, la Libye, la Malaisie…

Copie de 96.12.20 Yontma taÒdevri rd

Le 20 décembre 1996, Radikal attaque cette politique par un biais amusant. Les femmes de la délégation iranienne, dont l’épouse du président Rafsandjani, visitent, à Ankara, le Musée des civilisations anatoliennes. Le photographe, Adem Altan, les a surprises en train d'examiner une vitrine concernant l'âge de la pierre taillée (Yontma tas devri). La titraille, « Un coup d'œil sur l'âge de la pierre taillée », est ambiguë : le « coup d'œil » est-il celui que portent ces femmes sur la vitrine, ou est-il celui du lecteur sur ces femmes, assimilées par leur tenue et tout ce qu'elles représentent, à la préhistoire ? « Le spectacle qu'elles offrent, dit le texte, est un appel à la modernité ». La femme en noir, sur ce cliché, est dépourvue d'humanité : elle n’est qu’une forme vague, pour ainsi dire sans corps, et sans visage : un sac. Est-ce une manière de dire que la Turquie risque le même sort que l'Iran?

Le 22 décembre, Cumhuriyet traite l'événement sous forme d'une caricature d'Ulvi, inspirée par la visite au musée. Dans la vitrine, un homme prépare un feu en frottant du bois. Les visiteuses sont revêtues de cache-poussière noirs mais leur traitement par Ulvi est même plus humain que celui des images de Radikal et de Milliyet : alors que ces photographies les présentent toutes de dos, Ulvi leur prête un semblant de visage, découvre presque leurs chevilles, et fait même ressortir les fesses, ayip !

96.12.22 Yontma taÒ devri Ulvi cum - copie

Mais l'humour est de la même veine que dans Radikal : « Quel chemin parcouru par l'humanité jusqu'à notre niveau de civilisation, n'est-ce pas, mes soeurs ? » fait dire Ulvi à l’une des femmes. Leur ridicule, dit implicitement Ulvi, vient de ce qu’elles ne se rendent même pas compte qu'elles en sont, elles aussi, à l’âge de la pierre. L'image habituelle du dénigrement de l'islamisme (« retour au Moyen-Âge ») est dépassée : il s'agirait d'une plongée dans la préhistoire.

Les femmes iraniennes ont offert une magnifique occasion de moquerie. Mais le 25 décembre 1996, le quotidien islamiste Yeni Safak tentait de ridiculiser à leur tour les journalistes « laïcistes ». Sous le titre « Les acrobaties photographiques des atatürkistes professionnels », Selahattin Yusuf démontait le procédé : « Ils étaient à l'affût d’un bon cliché, ils l’ont eu ». Et de comparer le micro-événement et son traitement à un autre : une présentation de mode de maillots de bains a eu lieu à Batman (sud-est du pays), qui a été décrite par le reporter de Hürriyet comme une victoire symbolique sur l’islamisme. Le message des ces journalistes, écrit S. Yusuf, est clair : « Maudites soient les femmes voilées, vive la nudité, et jusqu’au bout ! »

La manifestante en noir

Le 21 juillet 1996, Sabah, comme toute la presse écrite, rendait compte des célébrations du 13e anniversaire de la fondation du parti Refah, qui était aussi l'occasion de fêter son arrivée au pouvoir. Un reportage photographique, notamment, réalisé par Ali Ekeyılmaz, était censé présenter aux lecteurs « Le visage du Refah ». Cinq images ciblaient soigneusement le public de la manifestation, de manière à orienter le jugement du lecteur. Dans ces milieux et en de telles circonstances, les sexes sont séparés : c'est ce que les détracteurs des islamistes désignent comme un haremlik, terme qui désignait l'espace réservé aux femmes dans les maisons et palais à l'époque ottomane (c’est encore une manière parmi d'autres de renvoyer les islamistes au passé). Aussi, sur cette page, une image « représente » le public masculin, et quatre le public féminin. Pour le côté des hommes où, si l’on regarde bien, figurent surtout des personnes au visage glabre ou portant la fine moustache habituelle, le photographe a cadré deux hommes enturbannés portant de longues barbes ; grâce au téléobjectif, le champ très étroit de l’image donne l’impression, au premier coup d’œil, que le public est constitué de barbus.

Le photographe a fait un choix semblable pour les femmes, mais en utilisant un objectif grand angle. De même que pour les hommes, on peut observer que les tenues portées par les femmes sont presque toutes du type « islamiste » standardisé, auquel on est habitué dans tous les lieux et toutes les couches de la société : jupe ou robe longue, foulard de tête bigarré (bas örtüsü, türban) encadrant plus ou moins sévèrement le visage. Mais au premier rang, deux femmes, parmi les dizaines visibles, portent le cache-poussière noir (kara çarsaf) qui couvre entièrement le corps, et le châle noir qui voile la tête, la nuque et le bas du visage – telles qu’apparaissait Latife Hanım sur les photos des années vingt. Le grand angle a permis de photographier ces femmes de très près, tout en laissant voir la foule féminine des rangs postérieurs.

96.07.21 sa Refah'ın yüzü 1 - copie

Les deux femmes en noir occupent plus du quart du champ de l’image, de sorte que leur présence, comme celle des deux barbus, domine complètement le cliché, et semble dominer l’assemblée. Grâce au téléobjectif encore, un gros plan a été fait sur l’une de ces deux femmes, qui a en outre les yeux masqués par de larges lunettes noires  ; sur ce cliché, elle est accompagnée d’un jeune garçon dont la tête est enserrée d’un bandeau vert portant un verset du coran. Le garçon est enfin isolé sur un troisième cliché, dont la légende indique  : « Des serre-tête en arabe ». L’écriture arabe est, sémiologiquement, un indicateur de « réaction religieuse », et d’habitude les reporters ne veulent même pas savoir quelle est la signification du texte ; pourtant, ici, il est transcrit selon la graphie turque : « Lailaheillallah Muhameddün resulullah ». La femme en noir, le garçon, et accessoirement les deux barbus, sont à eux seuls les sujets de toute la page  : ainsi quatre personnes représentent « le visage du Refah ». Visiblement, les choix du photographe n’ont pas échappé à l’assistance : la voisine de la femme en noir, étonnée, se tourne vers cette dernière ; d'autres femmes, au second plan, semblent s'en amuser. A l’arrière-plan, aucune autre femme en noir n'est visible.

Le photographe, puis la rédaction de Sabah, ont traité l'information de manière à effrayer. Le visage d'une femme, une seule, en grande partie dissimulé, préféré à des dizaines ou centaines d'autres, a été choisi comme emblématique. Le Refah était au pouvoir depuis un mois, allié au DYP. Les laïcistes (en l’occurrence les deux tiers du corps électoral) avaient peur de ce qui pouvait arriver ; le traitement photographique de cette manifestation par Sabah rappelle les anecdotes qui circulaient dans les milieux « modernes » de Turquie en 1994, lors de la conquête de la mairie d'Istanbul et d'Ankara par le Refah, telles que les évoque Yael Navaro-Yashin 2, et qui trahissaient la crainte d'un islamisme à l'iranienne.

 

Le traitement photographique de la foule « islamiste » était différent dans les journaux qui ont une sympathie même modérée pour le Refah. Le 11 mai 1997, une immense manifestation avait été organisée sur la place de Sultanahmet, à Istanbul, pour défendre les valeurs sociétales islamistes et notamment le droit à l’éducation religieuse. La manifestation emplissait entièrement la place, comme l’ont montré des photographies aériennes. Mais pour rendre compte de la masse humaine, les journaux montraient les manifestants juchés sur les arbres, ou sur les coupoles des türbe et des fontaines de la place.

Le quotidien ultra nationaliste Türkiye, et l’islamiste Zaman, le lendemain, ont illustré l’événement en choisissant la dominante rouge sur les photographies. De très nombreux manifestants, en effet, s’étaient munis du drapeau national, de manière à exprimer l’appartenance de leur courant de pensée à la nation turque. Ainsi sur la une de Zaman, c’est le rouge qui dominait, comme sur les unes des jours de fête nationale. Türkiye n'est ni islamiste ni « laïciste ». Son nationalisme est celui de la « synthèse turco-islamiste », l'islam étant perçu comme l'essence de l'identité et de la nation turques.

97.05.12 tg Meydanlara sıfimadılar - copie

Aussi, pour illustrer l’événement, son photographe Levent Akın a fait un cliché bien différent de ceux que j’ai décrits plus haut. Il a choisi de cadrer assez serré pour inclure sur son cliché une masse très homogène de jeunes filles. Ce qui domine est la jeunesse, les visages souriants, et la tenue « islamiste » ordinaire, jupe longue et foulard multicolore. Le sujet principal du cliché (je n'exclus pas qu'il s'agisse d'un montage) est une jeune femme en robe longue noire (mais qui n’est pas l'ample voile dit kara çarsaf), manches claires, foulard bigarré, apparemment juchée sur les épaules d'une autre manifestante, ou sur un support invisible ; elle domine la foule de ses camarades, et brandit un drapeau, comme toutes les autres. Ici aussi, la tonalité générale est le rouge. A bien regarder, on peut distinguer sur le cliché une petite dizaine de femmes en noir. Mais elles sont pratiquement invisibles, à leur place, très minoritaires.

Cette manifestation avait eu lieu lors de la période finale du pouvoir du Refahyol, entre deux épisodes marquants du « coup d'Etat en douceur » de 1997: la réunion du MGK le 28 février, et la conférence de presse de l’état-major sur la « réaction religieuse » du 11 juin (irtica brifingi), deux journées où l'armée a fait sentir sa pression et ses menaces contre le pouvoir islamiste. Sur sa photographie, Türkiye exprime sa position  : le mouvement islamiste est légitime, sa revendication de la « liberté de l'enseignement », menacée par les directives du 28 février, est légitime. Le message photographique porte sur l’appartenance de cette population à la nation, sur le caractère moderne – et non pas « médiéval » ou « rétrograde » de ses opinions ; l’image représente une population « normale », des femmes souriantes découvrant leurs visages. Aucune menace n’est perceptible. D’ailleurs, sur l’ensemble des clichés de l’événement que j’ai récoltés, je n’ai vu qu’une seule femme en noir, dans Milliyet, traitée plutôt discrètement par le photographe. Et, sur place, nous n’avons pas été frappés par la présence de femmes en noir. Pourtant, le caricaturiste Turhan Selçuk, de Milliyet, avait choisi de représenter les manifestantes uniquement par un groupe de femmes en noir:

 

97.05.12 - mlt T. Selçuk copie

 

En ces temps de rivalité féroce, on voit des femmes en noir partout ; on va les chercher là où elles sont, et on les multiplie là où elles sont peu nombreuses. Comme dans la France des années Sarkozy, la femme en noir est l'objet rêvé pour faire peur, comme le montre, à tous les degrés, la caricature de Selçuk.

 

En voici un dernier exemple : après la chute du gouvernement Refahyol, le gouvernement Anasol de Mesut Yılmaz et de Bülent Ecevit a commencé à mettre en œuvre les mesures destinées à gêner l'enseignement religieux 3. En réaction, des manifestations ont eu lieu en faveur des lycées religieux privés (imam-hatip) à partir de l'été 1997, et le 12 octobre 1998, les milieux islamistes (au premier chef le parti Fazilet, qui remplace le Refah dissout) ont organisé une « chaîne humaine » qui était censée relier les deux extrémités de la Turquie. L’événement était dénommé « Main dans la main pour le respect des croyances et la liberté de penser 4 ». Sans atteindre son but de former une chaîne de 2000 km, l'opération a été spectaculaire à Istanbul, où nous avons suivi cette chaîne sur plusieurs kilomètres, du pont de Galata au pont du Bosphore ; on y voyait des tenues très variées mais, il me semble, peu de femmes drapées de noir.

Dans les comptes rendus de la presse, les jours suivants, les photographies confirment mes souvenirs personnels par la rareté de la couleur noire : deux femmes en noir, cadrées serré, sur la une de Yeni Yüzyıl, et trois dans Milliyet. Mais toutes les photos cadrant des groupes importants, quel que soit le medium, révèlent une faible présence de cette tenue vestimentaire. Pourtant Ercan Akyol, caricaturiste à Milliyet, semble n’avoir vu que des femmes en noir, et ne dessine que des femmes en noir. Le même jour avait lieu également le marathon d’Istanbul, et les deux événements se sont effectivement croisés.

 

98.10.13 Beyaz gölge - copie

 

Ercan Akyol en a fait le thème de sa composition, joliment intitulée "L'ombre blanche". Des femmes en noir se tenant par la main, visage voilé, forment le fond, le décor de son dessin. Elles font contraste avec une marathonienne blonde, légèrement vêtue, qui passe en courant devant elles: l'ombre blanche ; les femmes voilées la regardent stupéfaites. Le sport, le corps féminin, la blondeur même, représentent ici l’antidote au mal, la modernité kémaliste.

Le thème photographique de la femme en noir est si porteur que les reporters, comme l’écrit justement le journaliste de Yeni Safak, ont tout intérêt à attendre le passage d’une de ces femmes et l’inclure dans le paysage urbain photographié, pour alimenter la crainte ou scandaliser, ou souligner ce qui est perçu ou présenté comme un contraste, une anomalie, comme la femme en noir qui passe devant un buste d’Atatürk. L’intention apparaît plus nette encore dans le cas de la fameuse photographie représentant Chantal Zakari brandissant le portait d’Atatürk lors de la manifestation du 30 juillet 1997 à Izmir : le reporter a attendu qu’un groupe de trois femmes en noir passe à proximité d’elle, et l’icône est infiniment plus parlante.

 

 

Notes :
 

1 Nombreux exemples dans l’iconographie kémaliste. Je me sers ici de Fotograflarla Atatürk, Hayat Kitabevi, 1982.

2 Yael Navaro-Yashin, Faces of the State. Secular and Public Life in Turkey, Princeton University Press, 2002.

3Loi dite des « huit ans » qui portait la durée de l'enseignement en collège (ortaokul) à huit ans au lieu de cinq. Or l'ensignement religieux est interdit en coillège, il n'est permis qu'en lycée. Le chiffr ehuit à lui seul était devenu symbolique de la libération kémaliste ou au contraire d el'oppression « ultra-laïcarde » (asirilaikçi).

4 « Inanca saygı, düsünceye özgürlük için el ele ».

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