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Susam-Sokak

Turquie - Les racines du présent - Le blog d'Etienne Copeaux


Esquisse n° 55 - La caricature nationaliste - Figures de l'inimitié

Publié par Etienne Copeaux sur 17 Mai 2015, 08:29am

Catégories : #La Turquie des années 1990

Une longue, très longue inimitié avec les Grecs, accusés de tirer les ficelles du conflit kurde, menés par des popes agressifs et crasseux. Des images nationalistes, anticléricales, qui paraissent bien gentilles toutefois par rapport à ce que nous connaissons en France...

Dessins Bülent pour Hürriyet, 2 février 1996, à la suite de la crise de l'îlot de Kardak/Imia. Légende: "Athènes a abaissé son drapeau sur l'île de Kardak"

Dessins Bülent pour Hürriyet, 2 février 1996, à la suite de la crise de l'îlot de Kardak/Imia. Légende: "Athènes a abaissé son drapeau sur l'île de Kardak"

Au cours de la décennie 1990, le discours du quotidien ultra-nationaliste Türkiye est une obsession historico-géographique, et les caricatures présentées chaque jour sont souvent une mise en images de la représentation du territoire turc et des dangers qui le menacent, selon l'optique nationaliste.

Le caricaturiste attitré de Türkiye est à l'époque Yurdagün Göker (qui signe « Yurdagün »). Son style n'a rien d'original ; il est bavard et redondant, un peu à la manière de Plantu en France. Mais à force de répéter des signes et des index toujours graphiquement clairs et identifiables, il crée un langage avec ses stéréotypes, ses personnages récurrents, sa scénographie, et ses obsessions.

Avant Türkiye, Yurdagün s'était exprimé dans des publications nationalistes comme Havadis, Son Havadis, Yeni Istanbul, Tercüman. Par sa position dominante dans le graphisme de Türkiye, par la durée de son travail au sein du quotidien, on peut le considérer comme le porte-parole d'un courant politique. La confiance accordée par le quotidien pendant plus d'une décennie exprime une communauté de vues entre le caricaturiste et la rédaction, un accord sur les questions essentielles que sont, aux yeux de ce courant, la vision de l'altérité, celle de la nation et de ses valeurs.

Inversement, la répétitivité des dessins de Yurdagün a pu contribuer à former les lecteurs, exercés au fil des années au décryptage des dessins et de leur message, et à créer la connivence, toujours indispensable au jaillissement de l'humour. Car, par son graphisme immédiatement reconnaissable, la caricature est un des premiers éléments que l'oeil détecte sur une page de journal ; son caractère plaisant ou humoristique préalablement enregistré par le cerveau, et donc le plaisir qui en est attendu, fait que le lecteur lui réserve très souvent son premier regard, sa première lecture.

Au cours des années 1990, le nationalisme turc, qui est à la fois un courant politique et un dogme étatique intangible, a été activé et renforcé par une longue série d'événements : la disparition de l'URSS et l'émergence de nouveaux pays « turciques » ; la guerre en Yougoslavie et les violences subies par les musulmans des Balkans, anciens Ottomans, considérés comme des protégés de la Turquie ; des tensions turco-grecques récurrentes aggravées par l'interminable problème chypriote lui-même ravivé par plusieurs crises graves. C'est un ensemble de problèmes ressentis comme le résultat d'un assaut généralisé du christianisme orthodoxe russe et grec contre la Turquie. A cet « encerclement orthodoxe », il faut ajouter le désordre engendré par l'intervention occidentale en Irak (1991) et ses implications dans la question kurde, enfin une tension permanente avec la Syrie en raison de la protection accordée au PKK et à son chef Abdullah Öcalan.

L'émergence des « pays frères turcophones » a eu pour effet de renforcer fortement la fierté turque dans les milieux ultra-nationalistes. La Turquie s'est vue alors comme une future puissance géante, disposant d'une immense sphère d'influence en Asie centrale, pleine de promesses économiques et culturelles.

Au contraire, les autres événements ont renforcé la fièvre obsidionale. La presse nationaliste (c'est-à-dire en fait à peu près toute la grande presse, qui en cas de crise se regroupe unanimement autour du drapeau) a beau jeu alors de s'adosser à la maxime d'Atatürk, « La paix au pays, la paix au monde », pour présenter le pays comme une puissance pacifique injustement agressée sur ses marges par le monde orthodoxe, et à l'intérieur par des Kurdes eux-mêmes soutenus par des puissances étrangères.

Cela fait beaucoup d'ennemis : un ennemi intérieur, les Kurdes ; des voisins avec lesquels on s'est battu dans un passé pas si lointain, Grecs et Russes ; d'autres, les Arabes, qui ont « trahi » les Turcs durant la première guerre mondiale ; l'Union européenne, « club chrétien », qui tire toutes les ficelles – et, pourquoi pas, les Etats-Unis encore derrière tout cela (lire Libération du 20 décembre 1997, « Bruxelles, le bunker antiturc de Junker »).

 

De jour en jour, Yurdagün met en scène graphiquement ces tensions et cette vision du monde, qu'il renforce en retour dans l'esprit de son lectorat. Le caricaturiste utilise en abondance des signes territoriaux, des « caricartures » ; ses dessins sont des cartes mentales où les personnages sont géographiquement localisés. Par là, on comprend immédiatement qui ils sont (Turcs, Grecs...), à qui ils s'adressent, vers quoi (Orient, Occident...) ils tournent leurs regards et, par les postures qu'on leur donne dans le petit cadre scénique du dessin, quelles sont leurs intentions politiques, diplomatiques, militaires. Yurdagün n'est pas seul à utiliser ce procédé, comme on peut le voir dans mon étude sur la « caricarture », mais il le fait si fréquemment que la Turquie est un de ses personnages, représenté par son image cartographique. L'image/carte du pays est vivante, elle a un visage, une expression, elle agit ou on la fait agir, éventuellement elle parle.

La scène géographique comprend toujours, bien sûr, la Turquie, et son environnement immédiat : le plus souvent l'Égée et la Grèce, parfois le Proche-Orient. Cela peut être plus simple encore : à gauche un îlot qui fait face, à droite, à une masse continentale, comme sur une carte, et voilà représenté le différend gréco-turc. Un personnage rencoigné dans le sud-est de la Turquie, et c'est le conflit kurde.

Le procédé est simple et parfaitement lisible, puisqu'il s'agi de formes cartographiques ordinaires, de lieux communs élaborés par l'école. La localisation des personnages, même s'ils étaient tous identiques, en tel ou tel lieu de la scène suffit à la compréhension du message. La caricature de Yurdagün est parfaitement pertinente, au sens où elle s'appuie sur un savoir partagé par l'ensemble du lectorat.

Mais ce serait là une simple information, un schéma, le croquis d'une situation, et non une charge, un carico, puisque le terme français caricature est ainsi connoté. Il ne suffit pas de montrer les intentions de l'adversaire, il faut le ridiculiser, le représenter tel un sot, un malveillant, un hypocrite, un fourbe, ou encore une marionnette manipulée par de plus grands fourbes : le 1er avril 1998, Yurdagün représente le petit Grec appuyé à une colonne de temple antique, à l'ombre du drapeau européen, tenant en laisse un personnage patibulaire, un jouet mécanique aux traits d'un Kurde armé d'une mitraillette et d'une bombe dont la mèche est allumée, qui court vers la droite de l'image, donc vers la Turquie.

 

Esquisse n° 55 - La caricature nationaliste - Figures de l'inimitié

La scène de Yurdagün est ainsi parcourue de petits personnages stéréotypés, qu'on retrouve bien au-delà du quotidien Türkiye, dans la presse turque. Le Turc est représenté sans être caricaturé : il est un homme ordinaire, rarement moustachu, le plus souvent en costume et cravaté ; il est le plus "occidental" de tous et fait contraste avec le Kurde, mal rasé, coiffé d'un keffieh, vêtu d'un chalvar et toujours armé.

Quant au Grec, c'est un petit bonhomme ridicule, toujours vêtu en costume d'evzone : jupette, bonnet à pompon et gilet noir. Très souvent, il est armé lui aussi (vieux tromblon ou mitraillette, bombe ou grenades) et se trouve presque toujours sur un îlot minuscule. Si le cadre le permet, Yurdagün, soucieux de redondance, ajoute un temple grec, ou une colonne cannelée. Sur tous les exemples récoltés, le Grec est tourné vers la droite de l'image ; ainsi, dans le pseudo-champ géographique de Yurdagün, il est tourné vers l'est de la carte, vers la Turquie, qu'il est prêt à agresser ou à apostropher.

La diatribe anti-grecque est permanente durant toute la décennie. Comme je l'ai souvent écrit, il est une sorte de belle-famille dans les représentations turques, un proche, avec qui l'on est gravement brouillé, mais dont on peut retrouver l'amitié, occasionnellement, comme lors des tremblements de terre de 1999 : c'est l'ennemi préféré.

Quand la tension est forte, le Grec est vu comme un manipulateur, un tireur de ficelles, autant qu'il est manipulé lui-même par l'Union européenne. Celle-ci le flatte, il est son « enfant gâté » (simarik çocuk) en raison des liens historiques allégués, et contre lesquels la Turquie, depuis les débuts de la république, tente de dresser un discours historique alternatif qui fait des Turcs les vrais inventeurs de la civilisation et de la démocratie.

Turcs et Grecs sont en situation d'inimitié depuis le début du XIXe siècle. Le mépris des nationalistes turcs envers l'ennemi préféré provient des modalités des gains de territoires de la Grèce après l'indépendance : toujours avec le soutien des pays européens, et sans jamais avoir à combattre. Aussi le Grec est-il, selon les vues de Türkiye et Yurdagün, un faux pacifiste, un hypocrite toujours prêt à profiter d'une occasion pour affaiblir la Turquie.

Bien sûr, les souvenirs historiques sont convoqués lors des crises, qui n'ont pas manqué au cours des années 1990. La question de la souveraineté sur l'îlot de Kardak/Imia, que j'ai évoquée dans un article sur le drapeau ("esquisse" n° 15), a été largement provoquée par les médias, en particulier Milliyet, fin janvier 1996 ; elle aurait bien pu entraîner un conflit armé mais elle a surtout exacerbé le nationalisme turc et ravivé les sentiments de mépris envers l'ennemi préféré. De même la crise de l'été 1996 à Chypre a provoqué une recrudescence du sentiment national et nationaliste ainsi qu'une floraison de caricatures.

Dans Türkiye, Yurdagün représente régulièrement « le Grec » refusant le rameau d'olivier tendu par la Turquie.

Caricatures de Yurdagün publiées dans Türkiye. De gauche à droite: 27 septembre 1996, 7 août 1997, 28 janvier 1998. Adroite, le Grec dit au Turc: "Si tu veux être mon ami, tu dois me donner Istanbul, Izmir, Trabzon, et Chypre. Sinon je n'y crois pas..."Caricatures de Yurdagün publiées dans Türkiye. De gauche à droite: 27 septembre 1996, 7 août 1997, 28 janvier 1998. Adroite, le Grec dit au Turc: "Si tu veux être mon ami, tu dois me donner Istanbul, Izmir, Trabzon, et Chypre. Sinon je n'y crois pas..."

Caricatures de Yurdagün publiées dans Türkiye. De gauche à droite: 27 septembre 1996, 7 août 1997, 28 janvier 1998. Adroite, le Grec dit au Turc: "Si tu veux être mon ami, tu dois me donner Istanbul, Izmir, Trabzon, et Chypre. Sinon je n'y crois pas..."

Pire, il fourbit sans cesse ses armes, transforme l'îlot en un arsenal puissant face à une armée turque représentée par un seul faible soldat. Malgré cela, il meurt de peur et fait dans sa culotte. Et les drapeaux grecs représentés par Yurdagün sont soit agressif (la croix remplacée par une tête de mort) ou ridicules (il ne flotte pas au vent).

Dessin de Yurdagün, Türkiye, 31 janvier et 10 septembre 1996. Sur le dessin du 31 janvier, publié au moment de la crise de l'ïlot de Kardak/Imia, le Grec dit au soldat turc: "Vous êtes dans notre périmètre des douze milles. Si votre pays se retire d'ici, c'est bon, je ne dirai rien". Le dessin de droite fait référence au projet d'implantation de missiles S300 russes à Chypre (finalement installés en Crète)Dessin de Yurdagün, Türkiye, 31 janvier et 10 septembre 1996. Sur le dessin du 31 janvier, publié au moment de la crise de l'ïlot de Kardak/Imia, le Grec dit au soldat turc: "Vous êtes dans notre périmètre des douze milles. Si votre pays se retire d'ici, c'est bon, je ne dirai rien". Le dessin de droite fait référence au projet d'implantation de missiles S300 russes à Chypre (finalement installés en Crète)

Dessin de Yurdagün, Türkiye, 31 janvier et 10 septembre 1996. Sur le dessin du 31 janvier, publié au moment de la crise de l'ïlot de Kardak/Imia, le Grec dit au soldat turc: "Vous êtes dans notre périmètre des douze milles. Si votre pays se retire d'ici, c'est bon, je ne dirai rien". Le dessin de droite fait référence au projet d'implantation de missiles S300 russes à Chypre (finalement installés en Crète)

Dessins de Yurdagün, Türkiye. A gauche, 8 février 1997. A droite, 5 août 1997.Dessins de Yurdagün, Türkiye. A gauche, 8 février 1997. A droite, 5 août 1997.

Dessins de Yurdagün, Türkiye. A gauche, 8 février 1997. A droite, 5 août 1997.

« Enfant gâté de l'Europe », son jeu préféré, avec ses amis parmi lesquels on reconnaît la Marianne française et Helmut Kohl, est de tirer sur une cible en forme de carte de la Turquie. C'est le petit Grec, depuis son îlot, qui dicte ses consignes de politiques extérieures à l'Union : « Ne reconnaissez pas la Macédoine ! Méfiez vous de l'Albanie ! Les Turcs sont nos pires ennemis ! ».

Dessins de Yurdagün, Türkiye. De gauche à droite, 19 décembre 1992, 1 janvier 1998, 4 juin 1998.Dessins de Yurdagün, Türkiye. De gauche à droite, 19 décembre 1992, 1 janvier 1998, 4 juin 1998.Dessins de Yurdagün, Türkiye. De gauche à droite, 19 décembre 1992, 1 janvier 1998, 4 juin 1998.

Dessins de Yurdagün, Türkiye. De gauche à droite, 19 décembre 1992, 1 janvier 1998, 4 juin 1998.

Mais la Grèce n'est pas seulement représentée sous les traits d'un evzone. La réalité de l'Eglise orthodoxe, elle aussi, est vivement ressentie en Turquie, en raison de son rôle dans la définition de la nation grecque, et de sa puissance financière et politique. Et bien qu'en théorie indépendante de l'Eglise de Grèce, l'Eglise autocéphale de Chypre est vue comme un missile dirigé vers le cœur de la Turquie, pièce essentielle de l' « encerclement orthodoxe ». La cible des caricaturistes est donc autant le pope que l' « evzone ».

Le pope, évidemment barbu, vêtu d'une longue soutane noire, semble sale et sa figure est patibulaire, hostile... comme celle du Kurde. Il est le bras armé de l'hellénisme. Et de fait, il est quelquefois représenté armé. Cette image recouvre une réalité, celle du rôle majeur de l'Eglise autocéphale de Chypre comme soutien de l'EOKA, le mouvement nationaliste armé de l'île, d'abord contre les Britanniques, puis contre les musulmans chypriotes. La figure de Mgr Makarios III, à la fois primat de cette Eglise et premier président de la république de Chypre, qui n'a jamais renoncé ni à la tenue sacerdotale ni à son nom épiscopal pour exercer ses fonctions civiles, est un symbole éclatant de la confusion du politique et du religieux à Chypre ; mais celle-ci est forte également en Grèce. Il n'est donc pas étonnant que Yurdagün, et il n'est pas le seul, confonde à son tour anticléricalisme et mishellénisme.

La plus violente de ces caricatures (1er février 1990) représente un paravent où est figurée l'Europe brillante, avec les symboles de la paix, de la justice, des sciences et des arts, qui masque un horrible pope, « le vrai visage de l'Occident ». Une autre (11 fév 1993) représente un pope essayant d'atteindre par un jet de pierre Sadık Ahmet, député et leader de la minorité turque de Thrace occidentale. Mais le pope manque sa cible et c'est la Turquie qui est frappée, représentée par les deux symboles chéris du nationalisme et de la « synthèse turco-islamique », le drapeau et la mosquée.

Dessins de Yurdagün. A gauche, 1 février 1990; à droite, 11 février 1993.Dessins de Yurdagün. A gauche, 1 février 1990; à droite, 11 février 1993.

Dessins de Yurdagün. A gauche, 1 février 1990; à droite, 11 février 1993.

Dessin de Süleyman Özkonuk pour Türkiye, 11 septembre 1996. Le mois précédent une très grave crise, dans la zone-tampon séparant les deux parties de Chypre, avait provoqué la mort de deux manifestants gréco-chypriotes.

Dessin de Süleyman Özkonuk pour Türkiye, 11 septembre 1996. Le mois précédent une très grave crise, dans la zone-tampon séparant les deux parties de Chypre, avait provoqué la mort de deux manifestants gréco-chypriotes.

L'anticléricalisme chrétien déborde quelquefois l'orthodoxie et c'est un moine d'apparence catholique qui est censé représenté l'Occident sur quelques caricatures. En 1992, alors que « le monde turc » - ici représenté par un arbre vénérable qui a déjà été copieusement mutilé par les élagueurs - suscite l'enthousiasme des nationalistes turcs, des personnages représentant l'Occident, munis de haches vont tenter de l'abattre définitivement. Parmi eux, un moine en soutane.

Sur une autre (25 septembre 1992), c'est l'ecclésiastique qui donne ses ordres à l' « Occident ». Un Turc et un Kurde (pour une fois rasé et cravaté), représentés comme des jumeaux siamois inséparables, sont menacés par un « Occidental » muni d'une paire de grands ciseaux, que le moine enjoint à passer à l'acte : « Comment ça c'est impossible de les séparer ? Allez, coupe ! ».

 

Dessins de Yurdagün dans Türkiye. A gauche, date inconnue, probablement 1992. A droite, 25 septembre 1992.Dessins de Yurdagün dans Türkiye. A gauche, date inconnue, probablement 1992. A droite, 25 septembre 1992.

Dessins de Yurdagün dans Türkiye. A gauche, date inconnue, probablement 1992. A droite, 25 septembre 1992.

https://www.academia.edu/12460700/Le_r%C3%A9cit_historique_turc_une_r%C3%A9ponse_au_miracle_grec_2001_

Ces caricatures paraissent bien gentilles par rapport à la caricature anticléricale française, sans même parler des charges de Hara-Kiri ou Charlie-Hebdo. Notons également que cet anticléricalisme en pays musulman ne peut pas facilement déborder sur des représentations caricaturales du Christ, puisque Jésus, considéré comme un prophète, et Marie, sont révérés dans le Coran. De telles représentations, c'est-à-dire un symétrique de ce qui s'est passé au Danemark puis dans les pages de Charlie-Hebdo, sans préjuger la chose impossible, serait littéralement blasphématoire en islam.

Références, lectures :

Akgönül Samim, « Qui est Sadık Ahmet ? », Balkanologie, Vol. VI, n° 1-2 | 2002, 213-227.

Bertrand Gilles, Le Conflit helléno-turc, Paris, Maisonneuve et Larose, 2003, 390 p.

Copeaux Etienne, « Le récit historique turc, une réponse au miracle grec », in Grivaud Gilles (éd.), Les Mishellénismes. Actes du séminaire organisé à l’Ecole française d’Athènes (16-18 mars 1998), Athènes, EFA, 2001, pp. 111-120.

Dépret Isabelle, Eglise orthodoxe et histoire en Grèce contemporaine. Versions officielles et controverses historiographiques, Paris, L'Harmattan, 2006.

Georgelin Hervé, La fin de Smyrne : Du cosmopolitisme aux nationalismes, Paris, CNRS-Editions, 2005.

Sites recommandés

http://karcomic.blogspot.fr/

http://imagesociale.fr/

https://ruecharlieameriquedunord.wordpress.com/turkish-cartoons-thoughts-on-charlie-hebdo/

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